Randonnée en Vivarais
Parfois, l’envie me reprends : partir avec mon cheval, dans des paysages inconnus.
Cette fois, c’est plus précis : marcher avec mon cheval.
Je ne sais pas encore comment je vais raconter le Pourquoi ? Comment ? Où ? Avec quel matériel ? Comment ça s’est passé ? alors, voyons ensemble ce que ça donne 😉
Je ne suis pas (encore) équipée pour bivouaquer, alors j’ai imaginé une option avec gîte équestre. Merci Mamie pour les étrennes <3 <3 <3
Je ne suis pas entrainée pour marcher et je doute de mes capacités, alors j’ai cherché une boucle avec des étapes de moins de 20 km, moins de 400m de dénivelé positif cumulé par jour, un sol avec pas trop de cailloux pour mon cheval qui vit pieds nus dans l’herbe, et ce à max 3h de van de Vienne.

Sens du parcours : depuis P (parking à Tence), départ direction Nord
Après avoir sélectionné quelques options, mon choix s’est porté sur une boucle proposée sur le site du CDTE Haute-Loire, destinée aux attelages : la boucle du Vivarais Lignon.
(et je note au passage que les boucles d’attelage pourraient être un bon filon pour mes critères de recherche !)
Je contacte les gites référencés, et obtiens deux réponses positives : la ferme de Vovady et l’Oustau, distants de 24km. La plus grosse étape du circuit, zut. Mais bonne nouvelle, le tracé prévu fait un détour, donc je tenterai de tracer une étape plus courte en croisant les doigts pour que ça passe.
Je prends le temps de regarder où je vais me garer, pour laisser voiture & van stationnés 2 nuits sans que cela gêne d’autres usagers, et je repère le parking du Pont à Tence. On sera en semaine, et pas d’évènements prévus dans la ville.
Jour 1 : Tence – Montregard
Je prévois d’arriver dans l’après midi au parking, charger le matériel et suivre la trace prévue dans le circuit, en marchant jusqu’au premier gîte.

Cette première étape de seulement 8km me vaudra l’aventure d’un pont barré infranchissable, et de choisir de passer à gué.

Je quitte mes chaussures de rando pour mes sandales, remonte le bas du pantalon, et me mets à cheval.
Aussi porte alors le matériel + moi + le chien, dans une eau avec du courant, une faible visibilité, et des rochers inclinés : mission réussie, bravo cheval, t’es vraiment le meilleur pour nous tirer des impasses <3

L’occasion également d’enfiler les hipposandales sur une portion caillouteuse, et le nouveau réglage semble mieux convenir à Aussi.
Une centaine de mètres avant l’arrivée à la ferme de Vovady, la pluie s’invite. Je sors le manteau & chapeau de pluie, et déroule le tarp sur la selle.
Un églantier trop près du chemin plus tard, le tarp se déchire. Je souris intérieurement : j’avais hésité à le remplacer par une bâche plus solide. Désormais certitude : je vais fabriquer cette bâche de selle, selon les conseils du livre d’Emile Brager.
J’arrive tard à Vovady, le temps de décharger le cheval, de l’installer, de prendre une douche, il fait déjà nuit. Je me prépare mon repas et déroule mon sac de couchage dans Love-Nid, un gîte insolite avec vue sur le paddock de mon cheval.
Jour 2 – Montregard – Devesset

Après un premier réveil au lever du jour, je me rendors jusqu’à ce que mon réveille sonne.
Le soleil est là, je me sens reposée, et le moral est bon.
Au matin, en discutant avec les propriétaires du lieu, j’apprends que le pont est barré depuis 2 ans. Il est pourtant noté sur la carte IGN, avec une trace pointillée rose, signe de balisage jaune « petite randonnée ». Je suis perplexe sur la mise à jour des informations, notamment sur le site du CDTE où ce n’est mentionné nulle part dans les infos de cette boucle, et que des attelages ne pourraient pas franchir ce passage à gué.
Nous repartons sous le soleil, pour 14km tracés par mes soins au lieu des 24km prévus par la boucle.
Les forêts sont magnifiques, la lumière du soleil entre les arbres, quelle beauté !
Je sors peu à peu de mon état d’esprit de préparation / optimisation / gestion et profite de plus du plus du présent, d’être avec mon cheval et mon chien, dehors, en pleine liberté.
Liberté ?
Non, car je me sens restreinte par le fait d’aller au gîte suivant.
Je rêve à des étapes où je peux m’arrêter quand je veux, où personne ne m’attends avant ou après une certaine heure. Je songe au projet de bivouac et me demande si Aussi serait bien sans autres chevaux autour de lui pour la nuit. C’est l’une de mes appréhension : qu’il soit agité, ne se repose pas, et que je ne me repose pas non plus.
A la pause de midi, dans une clairière en pleine forêt, j’installe Aussi à la longue corde. Nous avons fait une session il y a quelques jours pour qu’il comprenne le principe de l’attache au paturon, et la pause a été très sereine.
Je teste une autre façon d’arrimer mon boudin rouge sur la selle, et non plus sur le porte bagage, où son poids fait frotter l’extrémité arrière sur le poil des reins. En l’installant, je me dis qu’il prend ma place en selle, et que je ne pourrais pas monter et me laisser porter par le cheval.
Les km s’enchainent dans d’excellentes conditions, et j’arrive vers Devesset en forme. Il est tôt, trop tôt pour arriver au gîte… J’opte pour rallonger le parcours et faire une pause au bord du lac.
Après avoir resellé et chargé, Aussi traîne un peu dans le trèfle.
Je m’agace de l’attendre et décide de lui laisser la longe sur le cou, et de partir à mon rythme.
Après quelques mètres, il me rattrape avec enthousiasme et je réalise soudain qu’une partie de la liberté que j’aime vivre, c’est aussi de ne pas le « tenir ». Lâcher prise.
Lui faire confiance, comme je fais confiance au chien.
Les derniers km se feront en liberté, en légèreté.
L’arrivée à L’Oustau en fin de journée, le paddock est prêt pour Aussi et le repas à la table d’hôte s’annonce délicieux. Je découvre que le gérant a habité dans la même ville que moi et nous partageons nos parcours de vie, coins à ail des ours, etc… autour d’un (très) généreux dîner.
Le gérant me parle aussi de la beauté de l’étape suivante, que je n’ai pas prévu de faire faute d’avoir trouvé un hébergement adéquat.
Je songe à diverses options : faire l’étape et trouver un hébergement en cours de route ? me faire déposer à Tence pour amener ma voiture à Fay sur Lignon et revenir ici ?
Les idées du « comment faire au mieux » se bousculent dans ma tête.
La nuit tombante, je rejoins Aussi et passe un long moment à répondre à ses demandes de papouilles : gratter ses endroits favoris, chercher les tiques, regarder les étoiles naissantes.
Jour 3 : Devesset – Tence
Le jour se lève et me réveille. Mon cerveau rembraye sur les options de la veille, impossible de me rendormir. Je m’habille chaudement, rejoins Aussi et m’installe sur le foin, en attendant l’heure du p’tit déj.
Un moment de douceur absolue, sous son nez, à observer la brume matinale se dissiper. Les toiles d’araignée sont colliers de perles de lumière, les bruits des poneys qui jouent en contre-bas.
Je doute de moins en moins que le bivouac soit possible avec Aussi. Je souris.
Je sais que dans ma voiture, j’ai emporté ma tente et deux matelas de camping. Je me dis que je pourrais continuer, depuis Tence, où passe justement le chemin de Compostelle…
Un copieux p’tit déj salé plus tard, nous reprenons la marche. Cette fois encore, une trace « à la main » qui ramène au plus court vers la voiture : 14km avec des portions de route.
Aussi est en liberté 80% du temps, et gère son rythme : il me dépasse même et me précède quand la qualité du sol le permet. J’ai l’impression que depuis que j’ai lâché la longe, il est plus enthousiaste. Le voir aussi allant me fait chaud au cœur.
Arrivés à la voiture en milieu d’après midi, un peu surprise qu’il soit si tôt. Nous avons bien marché. J’ai bien marché et je suis fière de ça.
Mais il fait nettement plus chaud, et je sens mes pieds souffrir dans les chaussures fermées. Je songe au matériel à améliorer pour nos prochaines sorties. Je souris de me sentir motivée à repartir, déjà.
Une longue pause au bord du Lignon, et je me dis qu’on pourrait.
En vrai, on pourrait continuer, maintenant.
Je caresse l’idée de longues minutes, savoure cette sensation de liberté.
Et je choisis de rentrer, avec le sourire de celle qui se connait et qui prend soin de son énergie.
Nous repartirons, oh oui !
Quand et vers où ? l’à-venir le dira.
Cette session-test était parfaite <3
Au retour : bilan sur le matériel
Licol biothane flex et longe de 4m en corde millésime 2013 : tout à fait parfait !
Ma fidèle selle Margeride Gaston Mercier, avec son tapis + sangle + sa bagagerie hyper adaptée : fontes avant et porte-bagage.
J’ai pris l’option étrivières wintec + étriers compositi au lieu de l’habituel fenders + bi-relax pour réduire le poids, et même si cela sacrifie une partie de mon confort, je savais que je n’allais pas passer des heures en selle. En revanche je ne reprendrai pas les mini-chaps, je ne m’en suis pas servi.
Dans les fontes : gourdes, kit de pansage et d’attache, peson et snacks, et par dessus en travers, le manteau de pluie.
Avec le porte bagage : mes sacoches de vélo, avec un système d’accroche fait maison. 2x 13L légères, à peu près étanches, pas chères à remplacer en cas d’accident. Parfaites pour contenir les trucs lourds : la nourriture pour nous 3 et les différents kits (pharmacie, réparation, électricité, pluie…).
Sur le porte bagage : un boudin étanche Oertlib de 22L (merci Tifenn pour la reco) pour le sac de couchage et les fringues. Pour compléter : divers élastiques, lanières et mousquetons retiennent les objets du quotidien : hipposandales Renegade Viper, tarp…
Dans ma ceinture Laboa : téléphone, porte monnaie, couteau et autres trucs variés à avoir sous la main.
Pouvoir décrocher les sacoches et boudin facilement, c’est vraiment super pratique 😀
Cela représente environ 15kg de matériel emporté + le harnachement (selle + tapis + sangle + étrivières + étriers + bagagerie). Je suis rentrée avec presque 2kg de nourriture, je calibrerai mieux mes repas à l’avenir.
Ma liste de matos est prête pour nos futures vadrouilles, et je vais explorer les recettes de rando !






